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Pourquoi je n’ai pas atteint mon objectif lors de mon premier marathon

Ecrit par Laurent

17 janvier 2019

J’ai envie de partager avec vous les raisons pour lesquelles je ne suis pas parvenu à atteindre l’objectif que je m’étais fixé lors de ma première participation à un marathon.

En 2017, après seulement deux ans de course à pieds à mon actif, j’ai décidé de participer au TCS Amsterdam Marathon.

Le club auquel je suis affilié, le Groupe Athlétique de Gembloux, prenait en charge l’entièreté de l’organisation, à savoir les réservations pour le logement, le déplacement jusqu’au lieu des hostilités et non des moindre, l’entraînement. C’est donc avec sérénité que je pouvais me lancer dans cette aventure.

L’entraînement, planifié sur 14 semaines, me permettrait de franchir la ligne d’arrivée sans encombre.

Le programme débuta par un test de VMA (Vitesse Maximale d’Aérobie) dont les résultats seraient déterminant pour la fixation des allures de course durant l’entraînement et pour l’allure à tenir durant le marathon. Avec un résultat de 5’37” par kilomètre, je devais franchir la ligne d’arrivée dans un temps légèrement inférieur à 4 heures. C’était donc l’objectif non avoué que je m’étais fixé : passer sous la barre des 4 heures lors de mon premier marathon en ne sachant bien évidemment pas exactement dans quoi je m’étais engagé.

Objectif : moins de 4 heures pour mon premier marathon

En employant l’expression “objectif non avoué”, par pudeur probablement et certainement par incertitude totale face à cette inconnue qu’était pour moi l’accomplissement de la distance mythique d’un marathon, je me disais que le terminer serait déjà un exploit pour moi.

Me voilà donc embarqué dans le programme de 14 semaines, à raison de 4 sorties hebdomadaires, travaillant au début sur l’amélioration de ma vitesse en course pour progressivement terminer sur plus de volume et donc l’amélioration de ma capacité à courir de plus longues distances.

Le passage à un cycle de 4 sorties hebdomadaires a réellement été un déclic pour mon corps. Difficile au début, l’augmentation de fréquence et de volume a rapidement laissé place au plaisir de courir en aisance respiratoire. Le dimanche, jour des sorties longues, je parvenais à courir entre 20 et 25 kilomètres et rentrer frais comme un gardon. Je sentais que je pouvais aisément continuer à courir, telle la fatigue n’était pas présente.

Le passage à 4 sorties hebdomadaires a été un déclic pour mon corps

Le programme était conçu de telle sorte que je puisse arriver le jour J, préparé pour courir 42 kilomètres à une allure de 5’37” par kilomètre.

Ma première erreur fut de me mettre dans l’esprit que je pourrais réaliser un negative split sur cette donnée.

Ceux qui me connaissent pourraient vous le dire, je ne suis pas un modèle de régularité dans les entraînements lorsque je n’ai pas d’objectif clairement identifié. Cela signifie qu’après avoir réalisé un objectif et dans l’attente de la fixation d’un nouveau, j’ai tendance à m’endormir sur mes lauriers. Cela peut aller dans mon cas jusqu’à passer plusieurs mois sans chausser mes baskets…

C’est exactement dans cette configuration que je me trouvais avant de décider de ma participation au TCS Amsterdam Marathon. En résumé, j’ai commencé le programme en reprenant la course à pieds de presque zéro.

Psychologiquement, je pensais réellement que je pourrais rattraper ma condition physique d’avant hibernation rapidement et que dès lors, le test VMA réalisé ne représentait pas correctement mes capacités puisqu’il avait été fait au début du programme…

Erreur n°1 : Ne vous mettez pas en tête de réaliser un negative split

De cette erreur magistrale, en découle directement la seconde… ne pensez même pas à courir un marathon sans être régulier TOUTE l’année dans vos entraînements. Heureusement pour moi que j’ai réalisé le programme marathon de manière assidue (je n’ai raté qu’une seule séance) et que je n’ai pas été victime d’une blessure, souvent la cause d’un changement dans l’intensité et le volume de l’entraînement.

Erreur n°2 : Ne pas être régulier tout au long de l’année

Arrive le jour J. Le grand départ. J’ai suivi l’entraînement à lettre. Je suis en pleine forme.

Le volume d’entraînement m’a fait perdre les kilos superflus, bien que je n’ai absolument rien changé à mes habitudes alimentaires. En bon Belge que je suis, je reste toujours aussi friand de frites, de sauce et autres fricandelles dont on ne dira pas de quoi elles sont faites. Pour l’anecdote, sur la route vers Amsterdam la veille du marathon, j’ai pris un copieux McDonald’s sur le temps du déjeuner… C’est probablement mon erreur n°3.

Erreur n°3 : Ne pas avoir modifier mes habitudes alimentaires

Je suis dans le box de départ : les pros s’élancent et par vagues successives, les coureurs amateurs également. Nous démarrons. Cela part vite, trop vite… Je tourne à une allure qui frôle le 5’20” par kilomètre. Les 17 secondes au kilomètre qui me séparent de mon allure marathon recommandée n’ont l’air de rien, mais je les paierai sur les 7 derniers kilomètres. Jusqu’au trente-cinquième kilomètre, je suis frais, je me sens bien et moralement je suis au top. Au tentre-cinquième, tout s’effondre. Plus de jus, les points de côté arrivent… je suis obligé d’alterner la marche et la course pour les faire passer.

Les secondes d’abord, ensuite les minutes s’égrainent. 7 kilomètres à faire de cette manière me minent le moral. Petit à petit, je comprends que l’objectif de 4 heures pour boucler le marathon n’est plus tenable… Finalement, je passe la ligne, épuisé, après une course de 4 heures et 12 minutes.

Erreur n°4 : Ne pas m’en être tenu à l’allure sur laquelle tout mon entraînement était fondé

Pour conclure, cette première tentative fut pour moi un excellent terrain d’apprentissage. Le marathon est épreuve très spéciale, qui laisse peu de place à l’improvisation et sur laquelle personne ne peut tricher.

L’effort intense qu’elle demande vous déstabilisera à coup sûr si vous décidez au dernier moment de modifier certains paramètres (ce que je n’aurais pas dû faire) ou si vous manquez manifestement d’entraînement (ce qui n’était pas mon cas).

Le fait de ne pas avoir modifié mes habitudes alimentaires ne me semble pas être l’élément déterminant dans ma non atteinte de l’objectif. Par contre, cela aurait très certainement joué dans les moments difficiles que j’ai traversé, passé les 35 kilomètres. Peut-être que cela m’aurait permi de repousser un peu plus l’arrivée des symptômes de fatigue et de garder plus de force pour terminer sans devoir marcher par intermitance.

Ce fut une expérience intéressante pour moi. Les enseignements que j’ai pû retirer seront validés (ou non) cette année, après ma participation à mes deux objectifs de l’année :

Lisez aussi mes articles écrits à l’époque sur RunningGeek.be 

 

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